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15 février 2017

Percée scientifique sur l'aspect génétique des maladies cardiovasculaires

Le Dr Benoit Arsenault, chercheur à l’Institut et professeur adjoint à la Faculté de médecine de l'Université Laval, a récemment publié une importante étude qui indique que les habitudes de vie peuvent avoir un impact majeur sur le risque de développer des maladies cardiovasculaires, même chez certains individus qui auraient des facteurs de risque génétiques des maladies cardiovasculaires. 

Pour ce faire, l’équipe du Dr Arsenault a cherché à déterminer si les facteurs liés au mode de vie (tabagisme, activité physique, saine alimentation et obésité) pouvaient influencer le risque de maladies cardiovasculaires chez les patients ayant des concentrations sanguines élevées de lipoprotéine(a)1, identifiées comme l’un des facteurs génétiques les plus importants des maladies cardiovasculaires. Réalisée en compagnie de plusieurs collaborateurs internationaux et menée sur plus de 14 000 participants, cette étude a permis de découvrir que l’adoption de saines habitudes de vie pourrait permettre de réduire jusqu’à 70 % le risque de maladies cardiovasculaires chez les patients ayant un taux de lipoprotéine(a) élevé. Les résultats de cette étude ont été publiés dans la revue Atherosclerosis. Selon les plus récentes données, près de 20 % de la population a des concentrations sanguines élevées de lipoprotéine(a). Ces individus auraient un risque cardiovasculaire qui serait de 2 à 4 fois plus élevé que celui des individus avec des taux faibles de lipoprotéine(a). 

« Bien que certains perçoivent que peu de choses peuvent être faites en matière de prévention chez les patients ayant des prédispositions génétiques aux maladies cardiovasculaires, les résultats de cette étude confirment que ces derniers ont maintenant la possibilité d’agir concrètement pour diminuer leur risque de développer ces maladies. En effet, ils pourraient influencer positivement leur santé en adoptant une alimentation saine, en augmentant leur niveau d’activité physique, en ne fumant pas et en ayant un indice de masse corporelle idéal », indique le Dr Arsenault. 

Rappelons que les maladies cardiovasculaires sont encore aujourd’hui une des principales causes de décès chez les Canadiens. Certains facteurs peuvent en augmenter le risque, dont le tabagisme, le cholestérol sanguin, l’hypertension artérielle, le diabète de type 2, la sédentarité, la mauvaise alimentation et l’obésité abdominale. La recherche dans le domaine de la cardiologie à l’Institut s’intéresse de plus en plus aux aspects génétiques et environnementaux dans la prévention des maladies cardiovasculaires.

Les travaux du Dr Arsenault sont financés en partie par la Fondation IUCPQ. Ces octrois lui ont donné le levier nécessaire à l’obtention de financement externe pour pouvoir lancer une étude qui ciblera certaines familles de la région afin de mieux comprendre les aspects génétiques des maladies cardiovasculaires. Ses projets de recherche actuels se concentrent également sur la compréhension des mécanismes par lesquels la lipoprotéine(a) causerait les maladies cardiovasculaires et sur l’identification de nouvelles avenues thérapeutiques pour réduire la lipoprotéine(a) chez des patients à haut risque cardiovasculaire. 

1 La lipoprotéine(a) est une lipoprotéine en circulation sanguine qui se compose d'une particule de LDL (aussi connue sous le nom de « mauvais cholestérol ») qui est fusionnée avec une autre protéine appelée apolipoprotéine(a). Contrairement aux particules LDL, la lipoprotéine(a) transporte dans la circulation sanguine une importante quantité de phospholipides oxydés, ce qui la rend très susceptible de causer l’athérosclérose et des calcifications vasculaires et valvulaires.