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Sébastien St-Pierre : « J’ai décidé de reprendre ma vie en main, pour ma santé et pour ma famille. »

L’obésité a toujours fait partie de ma vie. Au primaire, je voyais bien qu’il y avait une différence entre moi et les autres élèves. Mais celle-ci ne me dérangeait pas. Si bien que cet écart entre le poids de mes amis et le mien a continué de s’amplifier au fil des ans et déjà, à mes 17 ans, je pesais 350 livres. C’est d’ailleurs à ce moment que j’ai décidé que la balance n’était qu’un chiffre et de ne plus m’en soucier.

J’ai longtemps dit et démontré que j’étais bien dans ma peau. Je travaillais, à l’époque, dans les boîtes de nuit et jamais je ne me suis laissé affecter par mon poids. J’avais arrêté de me peser, je mangeais ce que je voulais, je ne faisais pas beaucoup de sport et cela me convenait parfaitement. Du moins, jusqu’au jour où j’ai eu des enfants.

« Papa, viens jouer au hockey avec moi », « papa, est-ce que tu voudrais venir en vélo? », et moi de leur répondre « je m’excuse, je ne peux pas ».  Encore aujourd’hui, je me souviens de chaque moment où j’ai dû leur dire non, non pas parce que je ne voulais pas jouer avec eux, mais parce que je ne pouvais pas. Cela me brise le cœur simplement d’y repenser aujourd’hui. Est-ce que c’était ça le père que je voulais être? Et bien non. À ce moment, j’ai donc décidé de reprendre ma vie en main, pour ma santé et pour ma famille. Un parcours long et difficile s’annonçait, mais j’étais prêt.

Durant les mois qui m’ont préparé à la chirurgie, j’ai été contraint de réaliser que le poids qu’indiquait la balance n’était pas seulement qu’un chiffre. En effet, plus je franchissais les étapes préopératoires, plus je découvrais que derrière mon obésité se cachaient une multitude d’autres problèmes de santé : diabète, haute pression et apnée du sommeil. Plus les jours passaient, plus j’étais reconnaissant envers moi-même, reconnaissant de prendre soin de moi pour la première fois de ma vie.

Quand le 14 mars 2019 est arrivé, j’étais stressé. Stressé à cause de l’opération, mais également parce que c’était aussi le moment de vérité, celui où j’aurais à embarquer sur la balance pour la première fois depuis mes 17 ans. Je pesais alors 480 livres. Quand le verdict est tombé, je me souviens de m’être dit « Ouf, plus que 24 h et ta nouvelle vie commence ».

Je n’ai jamais dit aussi vrai. Nous sommes aujourd’hui le 1er octobre 2020. J’ai 34 ans et je pèse 205 livres de moins que l’an dernier. Je ne fais plus de diabète, de haute pression, ni d’apnée du sommeil. Je fais du sport, je prends soin de moi, mais surtout, je réussis à attacher mes patins et monter sur un vélo pour jouer avec mon fils et ma fille.

À toutes celles et ceux qui auraient besoin de l’entendre, je veux vous dire que tout est possible. C’est possible puisque les spécialistes de l’Institut sont là, à chacune des étapes du processus, pour nous donner confiance et nous outiller. À aucun moment, je ne me suis senti seul et c’est ce qui m’a donné la force de continuer. À toute l’équipe de chirurgie bariatrique de l’Institut, dont le Dr Laurent Biertho, je veux vous dire Merci. Depuis le 15 mars 2019, grâce à vous, je revis.