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Ambassadeur du coeur : Kathy Beaudin- Greffée cardiaque

 

C’est un matin de novembre 2009 où tout a commencé. Comme à l’habitude, je me suis levée pour aller travailler. Bizarrement, quelques minutes après mon réveil, je commence à avoir des palpitations cardiaques. Mon conjoint est très inquiet, mais comme je n’ai rien observé d’anormal, mis à part un peu de fatigue, je décide de me rendre au travail malgré tout. À mon arrivée, mes collègues constatent rapidement mon état, et me recommandent fortement de me rendre immédiatement à l’hôpital de Port-Cartier avec mon conjoint puis je suis transférée à l’hôpital de Sept-Îles.

On m’apprend que j’ai une tachycardie ventriculaire majeure, donc un trouble du rythme cardiaque puis je suis transférée à l’IUCPQ. Après plusieurs examens approfondis, le diagnostic tombe : cardiomyopathie dilatée. Ce jour-là, je suis retournée chez moi avec des médicaments et un congé maladie. Je n’arrivais pas à y croire. Il y a quelques jours tout semblait aller pour le mieux…

Je suis mon traitement jusqu’à la fin, loin de me douter qu’il ne s’agit malheureusement pas de la « vraie » fin. En effet, après ma convalescence, je retourne au travail, jusqu’en 2010. En raison de ma grande fatigue, de mes essoufflements et de mon passé médical, les experts de l’Institut décident de m’implanter un stimulateur cardiaque. Sans le savoir, cette intervention allait me sauver la vie…Cela peut paraître invraisemblable, mais, quelques mois plus tard, alors que je suis allée marcher pour encourager « Le Relais pour la vie », je suis tombée… le noir total… J’ai fait une mort subite! L’équipe d’insuffisance cardiaque de l’Institut avait visé juste et le Dr Sébastien Bergeron, cardiologue, avait compris que j’étais atteinte d’une autre pathologie, la sclérodermie.  C’est grâce à leur expertise si je suis toujours en vie aujourd’hui...

Peu à peu, mon état  continue toutefois de se détériorer. Le problème avec ma situation, c’est qu’on n’a pas l’habitude de greffer les gens atteints d’une double pathologie. Moi, je voulais vivre! Je collabore au meilleur de mes capacités afin d’améliorer mon état, mais finalement, nous prenons une décision importante. L’équipe de greffe cardiaque du Dr Mario Sénéchal m’ m’inscrit sur la liste de greffe. Nous sommes en 2012. Mon état se détériore davantage, et en janvier 2014, je suis hospitalisée.

J’attends encore 6 mois et demi avant de recevoir mon nouveau cœur. Pour moi, c’est terriblement long! Je suis vraiment mal en point… mais heureusement, je suis extrêmement bien entourée, avec ma famille, mes amis et le personnel extraordinaire de l’Institut! Cette période a sans doute été une des périodes les plus éprouvantes, pour moi, mais aussi pour mes proches. J’ai découvert en mes filles deux personnes avec une force de caractère incroyable et en mon conjoint une personne dévouée et dotée d’une générosité sans borne.

C’est finalement le 5 août 2014 vers 9 h 30, que le Dr Mario Sénéchal arrive à ma chambre pour m’annoncer que ma greffe aurait lieu dans la journée. Les émotions sont montées aussitôt! La joie, la peur, le soulagement et l’appréhension… Ma famille arrive juste à temps pour me donner le petit coup de courage qu’il me manquait. Après ma greffe, je passe deux autres mois à l’hôpital, puis deux autres en réadaptation. C’est difficile, surtout lorsqu’on est loin de la maison.

Aujourd’hui, je suis bien, et surtout, je suis en santé. Je ne remercierai jamais assez le personnel formidable qui m’a entourée à l’IUCPQ. Du concierge aux bénévoles, en passant par toutes les équipes médicales existantes. Merci également au personnel de l’Hôtellerie, pour l’accueil et le service que vous offrez. Vous faites partie intégrante de notre processus et êtes d’une importance capitale. Enfin, merci aux membres de la Fondation, qui travaillent jour après jour à amasser des dons pour soutenir l’Institut afin que notre passage soit le meilleur qui soit. L’Institut m’a donné une deuxième vie, et je vous remercie du fond du cœur!